À mes pieds : la démarche

INTENTIONS
Avec mon premier appareil numérique, je photographiais des textures au sol, pour les incorporer à mes bidouillages numériques. J’ai constaté que ces photos se suffisaient à elles-mêmes. Alors j’ai entrepris de photographier À mes pieds. Depuis quinze ans, ces pieds avancent…
Une série se fixe un principe de base, et le décline ostinato rigore. Le cahier des charges est simple: photographier le sol.
Je me tiens debout, axe de prise de vues perpendiculaire au sol, focale plutôt courte.
Je photographie de ma hauteur, sans grimper sur une échelle ni un arbre, sans même profiter de la déclivité éventuelle du terrain, ni d’un rebord de fenêtre.
Je repère un cadrage satisfaisant. J’effectue les réglages. Je déclenche.
Avant la prise de vue, aucune mise en scène. Je n’ôte pas les mégots de cigarette ou les papiers gras. Je ne rajoute aucun élément.
Après la prise de vues, aucun recadrage. Aucun bidouillage numérique non plus.
Ces principes de base assez rigoureux n’empêchent pas la grande diversité des prises de vue —  géographique,  météorologique, graphique, thématique… Certaines touchent à l’abstraction, d’autres constituent de petites énigmes, d’autres encore s’apparentent à du reportage… Chacune d’entre elles peut trouver une rime formelle avec d’autres, des lignes, une texture, des couleurs…
Bref, je ne me promène plus que les yeux baissés, attentive au «paysage» ou à la «scène» que je pourrai isoler en un cadrage et capturer d’un déclic.

VARIATIONS

soupçonneuse
Âme épiée

douloureuse
Ah, mes pieds!

plagiée
Ah, mais, pillée!

beckettienne
Ham et Piet

mathématicienne
a) mets π, eh!

mystique
Âme, hep! y es ?

mal convaincue
Ah, mais — pis est…