À mes pieds : la démarche

INTENTIONS
Avec mon premier appareil numérique, je photographiais des textures au sol, pour les incorporer à mes bidouillages numériques. Je me suis aperçue que ces photos se suffisaient à elles-mêmes. Alors j’ai entrepris de photographier À mes pieds. Ces pieds sont toujours en marche…
Une série se fixe un principe de base, et le décline ostinato rigore. Le cahier des charges est simple: photographier le sol.
Je me tiens debout, axe de prise de vues perpendiculaire au sol, focale plutôt courte.
Je photographie de ma hauteur, sans grimper sur une échelle ni un arbre, sans même profiter de la déclivité éventuelle du terrain, ni d’un rebord de fenêtre.
Je repère un cadrage satisfaisant. J’effectue les réglages. Je déclenche.
Avant la prise de vue, aucune mise en scène. Je n’ôte pas les mégots de cigarette ou les papiers gras. Je ne rajoute aucun élément.
Après la prise de vues, aucun recadrage. Aucun bidouillage numérique non plus.
Ces principes de base assez rigoureux n’empêchent pas la grande diversité des prises de vue —  géographique,  météorologique, graphique, thématique…
Bref, je ne me promène plus que les yeux baissés, attentive au «paysage» ou à la «scène» que je pourrai capturer d’un déclic.

VARIATIONS

soupçonneuse
Âme épiée

douloureuse
Ah, mes pieds!

plagiée
Ah, mais, pillée!

beckettienne
Ham et Piet

mathématicienne
a) mets π, eh!

mystique
Âme, hep! y es ?

mal convaincue
Ah, mais — pis est…