
Les à-côtés d'une séance de cinéma…
Cet hommage au
plus important de tous les arts*,
je l'ai aussi rendu à quelques-uns de ses plus beaux films, en infographie.
voir La gloire dans la fleur
* "le cinéma est pour nous le plus important de tous les arts", citation de Lénine détournée à leur usage par des générations de cinéphiles.
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LA PLUIE
Dans les années soixante, sur l'unique chaîne de télévision, pendant les mois de juillet et d'août, il ne faut pas manquer le passage de la speakerine après le journal de 13 heures. Pour peu que la pluie sévisse sur la région parisienne, elle annonce la diffusion d'un film l'après-midi même sur tous les émetteurs du pays. Ce film n’est jamais un chef d'œuvre impérissable, trop souvent un navet de série Z, toujours une VF pour les films étrangers, mais il est parfois intéressant. Nous restons volontiers sourds aux appels du soleil et indifférents aux longues promenades dans les sous-bois attiédis. Nous sommes sensibles à ces films en quelque sorte volés, non prévus, en dehors des programmes. C’est l'époque où les quotas n'existent pas.
Malheureusement, le système, bien que propice à ce genre de gâteries, a aussi son mauvais côté. Il arrive souvent qu'après une heure de film, nous nous retrouvions suffoquants d'indignation, livrés sans recours à ce qui n’est pas encore la dictature de l'audimat, mais déjà celle du «sport». Le film s’est interrompu, au milieu d'une séquence, au milieu d'un plan, au milieu d'une réplique, sans que l'on nous annonce en aucune manière l'heure de sa reprise, sans même qu’on nous l'assure ou nous la promette : une étape supplémentaire du tour de France cycliste arrive à son dénouement, et il faut que l'entière France téléspectatrice en prenne connaissance.
Ces pratiques, ignorant les plus élémentaires droits de l'œuvre et du spectateur, répétitives et impunies, nous ont laissé, d'une façon qui semble indélébile, la haine du sport en général, et du sport-à-la-télé en particulier.
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