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Les à-côtés d'une séance de cinéma…
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Le début

Cet hommage au
plus important de tous les arts*,
je l'ai aussi rendu à quelques-uns de ses plus beaux films, en infographie.
voir La gloire dans la fleur


* "le cinéma est pour nous le plus important de tous les arts", citation de Lénine détournée à leur usage par des générations de cinéphiles.

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LES PLACES

L'entrée de la salle peut se situer au fond de celle-ci, derrière le dernier rang de fauteuils, ou devant, sous l'écran. Les occasionnels, ceux qui mettent les pieds dans le cinéma pour la première fois depuis un an, ainsi que beaucoup d'autres qui viennent plus souvent, s'installent tout au fond. Y a-t-il chez eux l'arrière-pensée de surveiller l'ensemble de la salle, celle de ne pas être observé à son insu, celle de protéger ses arrières ?… La plupart s'installent au milieu, ni trop près ni trop loin de l'écran, qui est la seule raison d'une visite en ces lieux. Pour nous, autochtones, habitants naturels des salles de cinéma, les seules vraies places se trouvent près de l'écran, dans les quatre ou cinq premiers rangs de fauteuils.
Contrairement à ce qu'affirment les brocards et pointes diverses régulièrement lancés, ce n'est pas parce que notre vue est basse — il n'y a parmi nous pas plus de porteurs de lunettes que la moyenne, et de toute façon celles-ci corrigent parfaitement tout défaut éventuel. C'est que nous n'aimons voir personne entre le film et nous, et surtout pas les gesticulations et inclinaisons brusques alternativement vers le voisin de droite ou de gauche, les statures dépassant les prévisions de l'installateur des fauteuils, les chapeaux, les choucroutes, tout obstacle enfin qui s'interposerait entre notre regard avide et la surface totale de l'écran.
En se plaçant à cet endroit, on laisse derrière soi l'agitation mondaine et l'insignifiance, et l’univers filmé vient occuper la plus grande partie de notre champ visuel. Une condition de l’agrément de la séance est remplie.
Il a existé pourtant une salle où nous avons accepté de nous retrouver au balcon, essentiellement pour des raisons d'impécuniosité. À la fin des années soixante, le Capitole d'Avignon, qui n'offrait pas moins de trois étages de balcon, vendait ses places de moins en moins cher avec l'altitude. Dans ces conditions, nous n'hésitions pas. Il valait mieux ne pas arriver en retard pour ne pas avoir à chercher une place dans le noir, car les ouvreuses ne s'aventuraient pas jusque-là, se doutant bien qu'aucun pourboire n'était à attendre de ce genre de spectateurs fauchés. Le propriétaire de la salle laissait ce dernier étage quasiment à l'abandon, et les trois quarts des sièges y étaient crevés, laissant échapper le crin de leur rembourrage et les ressorts de leur suspension. Il fallait chercher longtemps une place non endommagée. L'odeur, pendant les mois de juillet et d'août, en l'absence de toute climatisation, était indescriptible. Les films — principalement de Pagnol — vus là à cette époque restent parmi nos plus beaux souvenirs de cinéma.