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Les à-côtés d'une séance de cinéma…
Amorce
Les tickets
Les ouvreuses
Les places
Le confort
Les accoudoirs
Les rideaux
Le point
Le format
Les bobines
Les cités U
La pluie
Les voisins
La publicité
Les noms des salles
Le petit carnet
Générique de fin
La drague
Apprentissages
Le début

Cet hommage au
plus important de tous les arts*,
je l'ai aussi rendu à quelques-uns de ses plus beaux films, en infographie.
voir La gloire dans la fleur


* "le cinéma est pour nous le plus important de tous les arts", citation de Lénine détournée à leur usage par des générations de cinéphiles.

  sommaire textes


AMORCE

Le mercredi matin, c'était le nouveau monde. Toutes les salles de cinéma changent de programme ce jour-là. La veille, après la dernière séance de la soirée, les projectionnistes ont replacé dans leurs boîtes en fer-blanc les cinq ou six bobines constituant le film, remis ces galettes dans un grand sac de jute, et le ballet, la noria, la navette des fourgonnettes, des cars, des trains et des avions s'est animée dans la France entière, pour amener à Lyon le film qui vient de terminer sa semaine à Marseille, à Nantes celui de Strasbourg, à Paris celui de Digne.
Au début, le seul moyen de connaître les programmes consiste à se rendre devant chaque cinéma pour découvrir l'affiche du nouveau film. Ensuite, dans certaines villes, le système se perfectionne. Les directeurs de toutes les salles se mettent d'accord pour faire imprimer une affiche commune. Ils la font apposer un peu partout en ville et dans les environs.
Dès la semaine précédente, à condition d'avoir assisté à une séance, on a pu avoir une idée du programme suivant: chaque salle a projeté, parmi le fouillis de sa première partie, la bande annonce du film prévu «prochainement dans cette salle». Et puis, un panneau ou un emplacement d'affichage est généralement consacré dans le hall aux affiches des films à venir.
Il n'empêche que le mercredi matin, notre premier souci est de nous rendre devant l'un des emplacements réservés à l'affiche des films de la semaine, en plein centre de la ville, à côté d'un bistrot ou d'une boulangerie, et de laisser la demi-douzaine de films de la semaine nous sauter aux yeux. Bien qu'ils soient présentés dans le plus grand désordre, la rareté à voir absolument si possible avec le divertissement du samedi soir, le film “rose” à côté du western de Ford, la version originale et le navet doublé, on a vite fait de repérer la case de la salle d'art et d'essai.
La béatitude qui se lit parfois sur nos visages, et les cris mal maîtrisés qui nous échappent, feraient prendre, à des passants ignorants, certains d'entre nous pour des simples d'esprit.